

Sil Socrate

22 février 2026

Trees T.1 En Pleine Ombre
Concept original et intrigant : Pas une invasion classique avec lasers et combats, mais une menace passive, presque existentielle et horrifiante par son indifférence. Beaucoup trouvent ça plus effrayant qu'une guerre alien traditionnelle.
Écriture de Warren Ellis : Ambiance froide, cynique, avec des réflexions sur l'humanité, la société, le pouvoir et l'adaptation. C'est du Ellis pur jus : intelligent, sombre, parfois philosophique.
Dessin de Jason Howard : Style réaliste, couleurs ternes et atmosphériques qui renforcent le sentiment d'oppression et de monde "normal" devenu anormal. Les designs des Trees sont impressionnants.
Multi-intrigues : On suit plusieurs histoires parallèles (une artiste en Chine, une jeune femme en Italie, des scientifiques en Arctique, etc.), ce qui donne une vision globale de l'impact mondial.

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20 février 2026

Les Murailles invisibles T.1 Les murailles invisibles
C’est une très bonne surprise dans la SF BD franco-belge récente. Le concept de base est hyper accrocheur : du jour au lendemain, des murs invisibles et infranchissables découpent la planète entière en zones où le temps s’écoule à des vitesses complètement différentes. Une zone peut avancer de quelques jours quand une autre a déjà vieilli de plusieurs années, voire décennies. Ça crée immédiatement une tension énorme sur les relations humaines, les retrouvailles impossibles, les décalages culturels/tech, et même sur la survie.
Le tome 1 pose très bien l’univers avec :un héros lambda (Lino) qui se retrouve embarqué presque par hasard dans une expédition de « franchisseurs »,une équipe intéressante avec Asphane en leader charismatique,des passages dans des zones à temporalités différentes qui donnent des scènes marquantes (et parfois assez flippantes sur le plan émotionnel).

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20 février 2026

Les Quatre de Baker Street T.1 L'affaire du rideau bleu - 48HBD 2020
Les Quatre de Baker Street tome 1 — L'Affaire du rideau bleu :
C'est une très bonne entrée en matière pour une série jeunesse/ado qui rend hommage à l'univers de Sherlock Holmes sans se prendre trop au sérieux.
Le dessin de David Étien est vraiment excellent. Les ambiances victoriennes de Londres (surtout l'East End crasseux et vivant), les expressions des gamins, le dynamisme des scènes d'action… c'est très beau, coloré juste ce qu'il faut, et ça donne une vraie patte visuelle à la série.
Les trois (puis quatre) personnages principaux — Billy, Charlie, Black Tom et la petite Betty — sont attachants dès le départ. On sent leur complicité, leur débrouillardise de gamins des rues, et leur envie de prouver qu'ils peuvent être des détectives à part entière. Ça fonctionne super bien pour créer de l'empathie.
Le scénario est rythmé, avec un bon dosage d'humour, d'action, de suspense et même d'émotion. C'est une enquête classique (enlèvement → course contre la montre → rebondissements), mais bien menée, sans temps mort. Ça se lit d'une traite sans effort.

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17 février 2026
Les Murailles invisibles T.1 Les murailles invisibles
De nos jours, des murs invisibles et infranchissables surgissent du néant et segmentent la Terre en une multitude de zones. Dans chacune le temps s'écoule à des vitesses différentes... Lino, un homme de notre époque, croise un groupe d'explorateurs venant de Nostoc, une civilisation avancée située plusieurs siècles dans notre futur. Capables de franchir les murailles invisibles, ils sont à la...

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16 février 2026
Tony Chu - Détective cannibale
C’est clairement l’un des comics les plus barrés, originaux et addictifs que j’ai pu lire dans le genre polar/humour noir. L’idée de base est complètement dingue : un flic cibopathe qui obtient des flashs psychiques sur l’histoire d’un aliment (ou d’une personne) rien qu’en le goûtant… et comme il bosse sur des enquêtes criminelles, ça finit souvent par des scènes où il doit bouffer des cadavres ou des trucs très très dérangeants. Le concept est à la fois répugnant et génial, et Layman le pousse à fond sans jamais tomber dans le gratuit pur.
L’humour est ultra noir, absurde et souvent hilarant. Le ton est décomplexé, ça balance entre gore, second degré et situations WTF sans jamais se prendre trop au sérieux.

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16 février 2026
Edgar Allan Poe, Hantise
Edgar Allan Poe n’est pas encore l’écrivain célèbre que l’histoire retiendra. Pour l’heure, c’est un critique acerbe du Boston Chronicles. Un être détestable et aigri qui écrit des nouvelles tard le soir, après être revenu de consultations étranges lors desquelles il parle avec sa défunte mère par l'intermédiaire de la sulfureuse voyante Lady Hyde, qu’il paie ensuite en nature....

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16 février 2026
Trees T.1 En Pleine Ombre
Cela fait maintenant dix ans qu'ils ont atterri. Ils sont présents sur toute la surface du globe. Depuis, rien. Aucun contact. Ils se tiennent là, profondément enracinés tels des arbres d'une espèce extra-terrestre. Dix ans qu'ils maintiennent cette pression silencieuse sur notre monde, sur notre activité, indifférents à notre présence. Cela fait dix ans que nous avons découvert la présence d'une...

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16 février 2026

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14 février 2026

Voyage aux îles de la Désolation
C'est un album qui mélange reportage documentaire, carnet de voyage et grande poésie graphique. Lepage embarque en 2010 sur le Marion Dufresne pour la rotation australe (Réunion → Tromelin → Crozet → Kerguelen → Saint-Paul/Amsterdam), et il nous fait vivre ce bout du monde avec une sincérité et une sensibilité rares.
Les dessins et les couleurs : ses aquarelles, ses lavis, ses pleines pages déchirantes de beauté sur la mer démontée, les albatros, les manchots, les paysages volcaniques battus par les vents… c'est souvent sublime, parfois presque hypnotique. On sent le vent, le froid, l'immensité.
Le regard très humain : il ne fait pas que décrire la faune et les paysages "spectaculaires", il montre aussi la vie à bord, le mal de mer terrible (le sien compris !), les liens qui se tissent entre marins, scientifiques, cuistots, météorologues… C'est très chaleureux malgré le décor hostile.
L'aspect documentaire sans lourdeur : on apprend plein de choses sur l'histoire des îles (Kerguelen de Trémarec, les phoques massacrés, les scientifiques d'aujourd'hui), sur la logistique folle du ravitaillement, sans jamais que ça devienne chiant ou scolaire.

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14 février 2026

La Lune est blanche
Visuellement, c'est magnifique
Emmanuel Lepage est au sommet de son art ici. Il mélange aquarelles très atmosphériques, lavis, encres, croquis de carnet et cases plus narratives. Les paysages polaires sont à couper le souffle : le blanc absolu, la lumière rasante, les tempêtes, les icebergs… c'est souvent hypnotique. Les photos de François, intégrées directement, apportent un contrepoint réaliste très fort. Le rendu global est exceptionnel.
Humainement très touchant
On sent vraiment les deux frères, leurs doutes, leur fatigue, leur émerveillement, mais aussi les galères (météo extrême, logistique qui déraille, le Raid qui tourne au cauchemar physique). Ça évite l’écueil du « documentaire froid » : on vit l’aventure avec eux, on ressent le froid, l’isolement, la beauté qui fait mal.
Un très bon équilibre reportage / intimité
Il y a de la science (climat, glaciologie, vie en base), mais sans jamais tomber dans le cours magistral. C’est incarné, modeste, parfois poétique.

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14 février 2026

Danser avec le vent
Les planches aquarelles explosent en grand format – imagine des doubles pages où le vent semble te fouetter le visage, avec des gris-bleus glaciaux qui virent au vert lichen, et des silhouettes humaines minuscules face à des falaises qui hurlent. C'est pas de la BD d'aventure ; c'est un carnet de voyage vivant, qui mêle science (fascinante, sans jargon pédant), écologie (urgente, sans sermon) et humanité brute (les tensions en base, les rires autour d'un thé, les doutes nocturnes).
Lepage, peintre officiel de la Marine, excelle dans les marines déchaînées et les bestioles polaires. Les éléphants de mer en rut, les albatros qui planent... C'est hypnotique, presque sensoriel. Il capture l'essence des hivernants – cette "communauté forcée" où on apprend à s'écouter pour ne pas péter un câble. Ça résonne avec nos bulles connectées d'aujourd'hui. Sans militantisme lourd, il montre les changements climatiques in situ – des herbes qui envahissent les tourbières, des colonies qui rapetissent. C'est poignant, et ça donne envie de protéger ces confins.

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14 février 2026
Emmanuel Lepage
Emmanuel Lepage, études d'architecture, vit dans les Côtes-d’Armor....

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14 février 2026
Alchimie
un bon petit thriller ésotérique / historique qui rend hommage aux vieux romans-feuilletons du XIXe.
Le scénario de Nolane est prenant, avec un bon sens du mystère et du rythme "feuilletonesque" (rebondissements, cliffhangers). Ça se lit très vite et on a envie de connaître la suite.
Le scénario de Nolane est prenant, avec un bon sens du mystère et du rythme "feuilletonesque" (rebondissements, cliffhangers). Ça se lit très vite et on a envie de connaître la suite.
Le dessin d'Olivier Roman est vraiment réussi : très classique mais efficace, belles cases, bonne mise en scène des ambiances parisiennes du XIXe, et la colorisation est soignée.
L'ambiance globale fonctionne bien si on aime les uchronies / thrillers historiques avec une touche occulte (un peu dans la veine d'un "Pacte des loups" en BD ou des récits à la Maurice Druon + ésotérisme).

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13 février 2026

La tête de mort venue de Suède
Dès la première page, on comprend que quelque chose ne tourne pas rond dans ce parc public.
Pour les enfants du quartier, c’est juste un square avec des balançoires rouillées, un lac vaseux et des massifs de fougères.
Pour Providence, le gardien, c’est un nid grouillant de créatures que personne d’autre ne voit.
Le dessin est un choc : noir & blanc ultra-précis, hachures nerveuses, cases souvent muettes, compositions qui étouffent ou qui respirent. On sent immédiatement l’influence de Gorey, de Breccia, mais surtout de Lovecraft : pas l’horreur tape-à-l’œil avec tentacules, plutôt l’horreur insidieuse de l’ordinaire qui bascule.
On rit parfois, on a la gorge serrée très vite, et on referme l’album avec cette sensation étrange : on vient de lire une fable cruelle, poétique et profondément mélancolique déguisée en simple promenade au parc.
Et puis arrive le cadeau final : une adaptation, en une dizaine de pages, de la nouvelle de H. P. Lovecraft L’Étrange Maison haute dans la brume. Une bande dessinée rare, qui marie beauté vénéneuse et désespoir tranquille, et qui laisse une empreinte noire indélébile.

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13 février 2026
Rat City
C'est un spin-off de l'univers Spawn (créé par Todd McFarlane), mais qui se suffit largement à lui-même. L'univers est immersif.: Schultz excelle à bâtir un monde cohérent et oppressant, avec des enjeux qui rappellent Blade Runner croisé Spawn. L'intrigue est dense, pleine de twists qui promettent une suite épique. C'est violent, introspectif et philosophique – on sent la malédiction du Hellspawn revisitée avec une twist futuriste qui rend Peter plus "humain" que jamais.Les dessins de Zé Carlos : Waouh, les designs sont spectaculaires ! Les cyborgs, les néons criards et les combats ont un style dynamique et détaillé, avec des couleurs (par Jay David Ramos, FCO Plascencia et Marcello Iozolli) qui claquent en rouge, vert néon et bleu cobalt. Ça donne une vibe cyberpunk visuellement addictive, loin des clichés. C'est du pur cinéma cyberpunk : dynamique, brutale, avec des angles de vue qui te plongent direct dans le chaos. Zé Carlos gère les chorégraphies comme un boss – on sent la tension monter d'une case à l'autre, et ça rappelle les meilleurs moments de Spawn original, mais avec une couche SF plus "Ghost in the Shell" qui rend tout plus viscéral.

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22 février 2026
Edgar Allan Poe, Hantise
C'est une BD one-shot qui imagine Edgar Allan Poe jeune, encore critique littéraire acerbe et pas encore l'écrivain mythique qu'on connaît, plongé dans une enquête à la frontière du réel et du surnaturel. L'histoire mélange thriller gothique, spiritisme (séances avec une voyante pour contacter sa mère défunte), alcoolisme, visions hantées et crimes mystérieux. L'ambiance est très "Poe-esque" : sombre, oppressante, avec cette tension entre folie et réalité.
Les dessins (Thomas Verguet + Bastien Orenge) et les couleurs sombres (Véra Daviet) sont vraiment réussis. Ils capturent très bien l'atmosphère du XIXe siècle américain, les intérieurs glauques, les rues brumeuses, le côté crasseux et mélancolique. Ça colle parfaitement à l'univers poesque.
Pour les fans de Poe, c'est plaisant de voir des clins d'œil à ses thèmes récurrents (deuil, mort, hantise, perte de raison).
Le rythme est plutôt accrocheur, on lit ça vite.
Le scénario est trop léger / pas assez creusé pour un one-shot. .L'intrigue surnaturelle/thriller reste assez classique et prévisible, sans vraie surprise ni profondeur psychologique marquante.